L'hiver en Arcadie (Le temps qu'il fait, 2011)

Arcadie.jpg 

 

PRESSE

Olé ! magazine, n° 493, 27 avril-11 mai 2011
Nous avons déjà eu l’occasion ces dernières années de dire le bien que nous pensons des romans de Jean-Yves Laurichesse. Dans ses deux livres précédents, il recréait des atmosphères familiales et provinciales se dissolvant dans l’entre-deux guerres du siècle dernier. Il va de soi que si l’on y croyait, c’est que l’auteur y croyait lui-même, et qu’il nous entraînait par cette authenticité forte qu’il avait su construire. Ce charme venait-il, aussi, d’une sorte de nostalgie convenue masquant au fond l’incertitude du lieu d’où parlait l’auteur et en conséquence, à laquelle se trouvait assigné son lecteur ? Sur ces questions L’hiver en Arcadie offrira un début de réponse. L’époque y est indéterminée, mais on y trouvera assez d’indices pour la juger contemporaine. Un homme solitaire se veut plus solitaire encore et part pour un voyage d’hiver sans but précis. Au milieu du récit qui s’ensuivra, le héros s’attardant dans un bistrot ordinaire d’un village qui ne l’est pas moins, y ressent comme une méfiance qui le rassurera car dit l’auteur “il était bien toujours l’étranger qui passe et n’entre pas”. Mais ce personnage se ment un peu, il n’a pas fait que passer, il s’est arrêté, il est entré là où un couple lui a offert l’hospitalité. Dans ce récit en effet, où les références musicales sont nombreuses, l’impératif du lied schubertien “En étranger, je suis venu, en étranger, je repars” est quelque peu bousculé. Repartira-t-il ou non ? c’est l’enjeu apparent de ce récit où nous sommes conviés à un huis-clos quasi familial, quoiqu’éphémère, et aux souvenirs douloureux qui le scelleront. Le charme des précédents romans de Laurichesse opère toujours, mais ce voyage en Arcadie y ajoute une force qui ne tient pas uniquement à la dramaturgie du récit. C’est un livre de parti pris sur la nécessité d’une distance qui ne soit pas une fuite, sur un engagement qui ne mène pas à se trahir soi-même. Et qui, comme tel, exige du lecteur de prendre pour lui-même parti à son tour.
Daniel Bégard

Le Travailleur Catalan, 13-19 mai 2011
Au-delà des mots...
Déjà un troisième livre pour Jean-Yves Laurichesse qui poursuit tranquillement un parcours romanesque autour de la mémoire, partant de bribes, de papiers oubliés, de lettres... pour reconstruire des histoires de vie.
L'hiver en Arcadie est un livre que l'on referme comme dans un rêve, le souffle coupé, la tête pleine d'interrogations. L'auteur, en effet, mine de rien, nous embarque dans un bien étrange voyage, celui d'un homme, dont nous ne saurons pratiquement rien si ce n'est qu'il a tout laissé derrière lui, et sa rencontre avec un couple, dont nous saurons peu, ce peu parcimonieusement dévoilé au fil de la centaine de pages que comporte le livre. Rencontre aussi improbable qu'éphémère, le temps que se mettent en place les pièces d'un scénario que l'on sent, d'emblée, inéluctable.
Un récit, plutôt qu'un roman, écrit au style indirect, par un narrateur observateur précis. Pas le moindre dialogue, de saisissantes descriptions, de lieux - la campagne hivernale dont le lecteur hume les odeurs d'herbe mouillée -, d'êtres qui n'ont pas besoin de mots pour se comprendre. Paradoxalement et sans doute est-ce un hommage à la littérature, ce sont des lettres trouvées (mais est-ce bien un hasard ?) qui en diront plus et précipiteront les évènements au fil d'une intrigue dans laquelle la musique (autre forme d'expression sans parole) joue un rôle.
Vrai bijou que ce texte ramassé, qui chemine lentement, éveillant la nostalgie d'un autre temps, les soirées d'hiver auprès du feu au fin fond des campagnes, les secrets que recèlent les vieilles demeures... Est-ce cette mythique Arcadie qu'évoque le titre ? Le mystère ne sera pas levé dans ce roman beau et prenant comme un adagio.
Nicole Gaspon
Voir aussi le blog de Nicole Gaspon.

La Dépêche du Midi, 2 janvier 2012
Montbrun-Lauragais. Au rendez-vous des bibliothécaires
Avant de rencontrer les auteurs qui seront présents au Salon du Livre d'hiver, le 15 janvier prochain, à Montgiscard, les bibliothécaires du Lecteur du Val invitent régulièrement leurs lecteurs à découvrir leurs livres. Tout récemment, c'est autour des ouvrages de deux écrivains régionaux, Laurent Mauvignier et Jean-Yves Laurichesse, que se sont retrouvées des lectrices des bibliothèques de Montbrun-Lauragais, Noueilles, Espanès, Donneville, Ayguesvives, Baziège et Montgiscard, dans le cadre de ces rencontres impulsées par l'association « Livre d'Hiver » et soutenues par la Fondation pour la lecture du Crédit mutuel.
Les livres au crible
Et ce sont deux livres bien différents qu'elles ont découverts, tant dans le fond que dans la forme. Ce que j'appelle oubli, le roman de Laurent Mauvignier, se lit dans un souffle.  « Quand on l'a commencé, on ne peut plus s'arrêter », commente une lectrice. Et pour cause ! Il n'y a pas de ponctuation.  Plus classique et beaucoup plus paisible, L'hiver en Arcadie raconte l'histoire d'un voyageur qui a quitté sa maison sans espoir de retour.
Le point de vue des lectrices
Tout est énigmatique, ses relations avec ses hôtes, sa vie antérieure, ses projets… Il semble tout à la fois ensorcelé par la musique sans cesse présente dans la maison et par les paysages enneigés de cet hiver en Arcadie. Certaines lectrices ont trouvé cette saison en Arcadie un peu ennuyeuse, d'autres ont aimé les paysages, les scènes énigmatiques et l'atmosphère calme et reposante qui se dégageait du texte.
Au-delà de ces discussions qui leur permettent de découvrir de nouveaux textes et d'enrichir leur propre point de vue, les participantes apprécient ces rendez-vous réguliers qui « tournent » dans les bibliothèques et s'accompagnent toujours d'un accueil très convivial.
A. P.


RADIO

Radio Occitania, émission "Page à page", 29 septembre 2011
Entretien avec Claire Ambill

Radio Présence, émission "Paroles d'auteur", 5 novembre 2011
Entretien avec Monique Faucher


INTERNET

Le blog de Nicole Gaspon

Le choix des libraires

Mes promenades culturelles


UNIVERSITAIRE

Nuit(s) et jour(s) dans deux romans de J.-Y. Laurichesse, par Mireille Bilger, Réflexion(s), Actes de la Journée d'études "La nuit" (22 novembre 2014), Université de Perpignan-Via Domitia, mai 2015